jeudi, juillet 28, 2005

Crazy girl

Là, je suis tranquille, Charlemagne n’acceptant que très rarement d’aller faire un tour sur mon blog, je peux raconter sans risque la soirée d’hier. Et quelle soirée !
Nous avons pour tradition dans notre petit et néanmoins superbe village de proposer des marchés de nuit, quatre mercredis de suite du 15 juillet au 15 août. Ce sont des soirées exquises entre amis, on y vient pour se rencontrer, pour rigoler et pour se balader. La Maison des Jeunes couillons dont j’ai déjà parlé est titulaire dans ce cadre de la chaire " Bar et glacier ", ce qui consiste à donner à boire et à manger aux pauvres touristes de passage moyennant des sommes modiques.
Mais franchement, pour la bande d’écervelés dont je fais partie, c’est avant tout un moyen de retomber dans une adolescence dont nous ne sommes jamais réellement sortis. Quant à Charlemagne persuadé d’avoir épousé une femme de bonne famille, raisonnable et posée, je pense qu’il vaut mieux que dans de telles circonstances, il soit à la maison à tenter de coucher les gosses. Qui eux ont bien compris que Maman absente, il était possible de faire tourner Papa en bourrique.
A partir de là, je propose aux âmes sensibles, à tous ceux et celles qui pensaient trouver en moi la dernière égérie du bon goût français, de quitter les lieux et de ne pas lire les lignes qui suivent car je pense qu’un mythe va tomber.
En premier lieu, il faut être conscient que dans l’histoire, le climat est important car il soufflait un vent d’Autan de derrière les fagots et c’est bien connu, le vent de la mer, c’est le Vent des fous, c’est à dire qu’il rend encore plus fou les déjà fous de mon genre. Oui, parce que tout compte fait, je suis tout de même très consciente de mon état mental et si je ne l’étais pas, une fois par semaine on se charge de me le rappeler (ah, ah ah, le mystère s’épaissit, qu’est ce donc que ce rendez-vous hebdomadaire, y aurait-t-il un amant dans le placard, et pourquoi donc dans un placard, vous trouvez cela agréable, vous, un placard ? ). Revenons à nos moutons.
Mon poste de travail se situe entre une table haute et un congélateur à faire des coupes de glaces. Pour ce, Oh ! grande nouveauté de l’année : la cuillère à décapsuler les boules de glace qui comme son nom ne le laisse pas présager est encore un objet idiot, qui fait des boules minuscules. J’ai donc commencé par une petite humiliation dont je suis la seule responsable puisque ayant annoncé à grands frais, une révolution dans les bacs à glace, je dus me replier sur mes arrières avec mes machins inutiles.
Pour ce marché là, j’avais pour acolytes, à ma gauche, le poisson rouge au grand nez, autant dire qu’il vaut mieux parfois être seul que mal accompagné et ce n’est pas son tablier ridicule qui pouvait lui donner ne serait-ce que l’illusion d'être efficace. Mais bon, il ne faut pas froisser les susceptibilités. Et à ma droite, le poisson rouge aux grands pieds dont l’efficacité et la dextérité ne font qu’une et quand il se mit à quatre pattes pour réparer le congélateur qui montrait des signes de faiblesse, on ne put que noter le grand savoir-faire de l’individu.
Tout aurait très bien pu en rester là, une soirée plan plan entre la Ténardière, autrement Présidente d’un obscur Office du Tourisme qui hante les lieux à la recherche de quelques mauvaises réflexions que je ne manque pas de lui faire (on a les souffre douleurs que l’on mérite) et la jeune mère de famille qui passa la soirée à nous mitrailler pour tenter la pose la plus humiliante pour les poissons rouges et moi. Et elle y réussit, la garce !
Tout allait donc bien lorsque je me hasardai à commander une bière, pression il va s’en dire, aromatisée d’un soupçon de sirop de pêche. C’est un délice sauf qu’après un demi-verre, je ne suis plus moi, mais une espèce d’individu lubrique, qui harangue la foule et dit des horreurs. Notre sainte mère l’Eglise en a envoyé au bûcher pour moins que cela. A un moment, je pense même que les poissons rouges, pourtant habitués à mes frasques, ont émis l'idée de m’enfermer dans le congélateur tant les mots qui sortaient de mon orifice buccal dépassaient l’entendement. Je dois bien dire que je ne me souviens pas de tout, c’est bien là tout l’intérêt de la bière. L’effet est rapide mais aussi de courte durée, et un appel de Charlemagne me ramena aux tristes réalités de la vie de mère de famille. La Bestiole avait perdu Pinpin et évidemment moi, en bonne télépathe à 10km de là, j’allais voir où il était. J’ai été traitée en gros de mère indigne, de cervelle de moineau qui ne se souvient de rien, d’adolescente attardée. Le pire c’est qu’il n'avait pas tort. Mais qu’est ce que c’est bon de l'être parfois !!!!

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

On comprend parfois le rôle des cachots et des oubliettes dans certains châteaux féodaux, Carlitosmagno a du, à ce moment là en appeller à la fèe Carabosse et à tous ses sbires. Mais j'ai déjà connu quelqu'un dans la même situation qui avait chanté l'Internationale à 4 heures du matin , sur les marches de la maison , glups !!
Viriato

8:13 AM  
Anonymous Anonyme said...

Ce blog tourne à la diffamation éhontée d'un certain poisson rouge! Non je n'ai pas un grand nez (on m'interpelle dans la rue par erreur aux cris de "Brad" alors hein...) et non, je ne sers pas à rien ! Et moi au moins j'assure un service avec toute ma clairvoyance... d'aucunes ne peuvent en dire autant !
Le poisson rouge vert de rage

2:10 PM  
Blogger Clothilde said...

les photos parlent d'elles-mêmes.

2:18 PM  
Anonymous micke said...

ahou!!!!!! spo bien!!
domage que gt calé derrière le bar a servir les monsieurs dans mon état normal, j'oré bien aimé voir ma tante dans l'état décrit:p ^^

12:51 PM  

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