lundi, juillet 18, 2005

Mets de l'huile !

J’ai un mari passionné, mais attention pas le style passionné passif non, lui c’est le style actif, voire hyper actif. Ses passions durent variablement de quelques mois à quelques années, prenons sa femme par exemple…! ! !
Donc, il a des passions au long court : l’archéologie, oui c’est lui le mec avec un détecteur de métaux en plein hiver planté au milieu d’un champ " parce que c’est labouré et que c’est là que l’on trouve les plus belles choses ", et moi, je soigne la grippe qu’il ne manque pas de contracter. La passion des postes de radio, celle qui me rend facilement hystérique à la vue des notes salées mais la bête est filoute : " t’inquiètes, j’achète ce modèle super rare, mais j’en revendrai un autre pour le payer ". Il n’y a qu’une nouille dans mon genre pour y croire. Enfin la passion dure depuis 20 ans, a coûté (oh, non, je préfère pas compter) et absorbe bien 100 m2 de la maison pour tout entreposer. La passion pour le radioamateurisme, oui parler avec des japonais en gueulant dans un micro grâce à des antennes qui défigurent le paysage alors qu’un simple mail c’est propre et rapide.
Entre temps, il y eut les passions passagères, en vrac : le moteur Sterling (que l’on se demande encore comment la terre a pu tourner sans), le puits canadien (avec une tranché de 200 mètres de long devant la maison, et un trou de 5 mètres de profondeur, vous perdez deux degrés en été, un bonheur, mais comment n’y ai je pas pensé plus tôt ? ), l’apprentissage du grec ancien, puis du russe …
J’ai à peu près tout eu, enfin tout ce qui peut germer dans sa tête et autant vous dire que l’animal est prolifique. Tous les mois, quand il ramène Sciences et Vie à la maison, mes vapeurs reprennent car il y aura bien un truc à tester.
Et pourtant, cette fois-ci, je ne dois mon malheur qu’à moi-même, piètre femme qui ait tendu le piège dans lequel je me bats. Voilà quelques semaines, Big boss me demande un exposé sur l’utilisation de l’Huile Végétale pure comme carburant dans les voitures. Je travaille mon sujet et rend une note. Et évidemment, je partage ma joie d’avoir trouvé des informations intéressantes avec Charlemagne. Il m’écoute d’une oreille, enfin est-ce l’impression qu’il donne et l’affaire en reste là.
Samedi, la chose est arrivée au stade ultime du mûrissement. Partant pour les courses hebdomadaires, Charlemagne me demande d’acheter au moins 20 litres d’huile de friture. Tiens aurait-il prévu de faire une soirée moules frites avec des copains ? Que nenni, il m’annonce tout de go " il y en a assez d’enrichir le gouvernement et Total, nous allons roulé à l’huile ". Euh, mais es-tu sûr que l’on ne va pas y laisser deux moteurs parce que vues les notes que le garagiste nous envoie avec une régularité de métronome, je ne suis pas certaine que des expériences, certes innovantes, certes écologiques, soient vraiment une bonne idée en ces temps de marasme financier. Non, j’ai passé la nuit sur Internet, c’est certain on peut y aller. Voilà à quoi on reconnaît une passion naissante chez Charlemagne : le temps passé à se documenter sur Internet, plus c’est long plus ça va durer, c’est une loi inébranlable.
Je vacille, explique que je ferais de mon mieux pour ramener les 20 litres d’huile mais que franchement, il faudra trouver une autre source d’approvisionnement parce qu’à Super U, ils vont me prendre pour une dégénérée à faire bouffer autant de frites à mes gosses. Je vous dis pas la tronche de la caissière quand les bidons posés sur le tapis roulant, la Bestiole a jeté un " c’est pour mettre dans la voiture ". La caissière n’a pas osé dire que je m’étais trompé de rayon. Je suis repartie humiliée.
J’ai passé mon week-end harcelée par mon mari qui me poursuivait en me demandant mon avis sur " le problème c’est l’hiver car le piston bouge mais en position normale, il se ralentit car, avec le froid, l’huile fige et donc la pression n’est pas assez haute, autrement ça doit fonctionner, tu en penses quoi, toi de cette idée ? ". Mais, rien mais alors rien de rien, je suis un mollusque et franchement ça m’arrange.
Bon, et alors, l’huile ? Et bien c’est génial, ce matin sur l’autoroute on n’a pas dépassé le 90km/h au cas où le moteur aurait du mal à roter l’huile, c’est cool, on s’est même fait doubler par une mini Austin, c’est dire le peu d’amour propre qu’il me reste. Dans le parking, on n’a pas échappé aux remarques des gens : " tu trouves pas que ça sent la frite ". C’est élégant. De là à dire que j’ai les cheveux gras, il n’y a qu’un pas. Merci Charlemagne.

6 Comments:

Anonymous Requia said...

J'adore ton blog depuis que Valé nous l'a fait découvrir.
Je viens de le mettre en lien sur le mien pour revenir souvent !!

Et sinon pour tes frites tu prends de l'huile aussi ? hihihi

Bises.
Requia
http://requia.canalblog.com/

3:37 PM  
Anonymous Valerie said...

Un pur delice !... euh non... pas l'huile (beurk), l'''anecdote'' !
Et si tu essaies l'huile d'olive, ca sentira les olives ???? :-)
Valerie

6:04 PM  
Blogger La Grenouille said...

un de tes meilleurs post je dois bien dire ...

8:24 PM  
Anonymous Domie said...

je m'eclate et je reconnais que ton homme doit avoir un clone, le mien !! mais en moins pire le mien quand meme ;-)

1:48 PM  
Blogger Clothilde said...

Le pire n'est-il pas toujours devant nous ???!!!

2:31 PM  
Anonymous micke said...

tro tro mdr sérieu!!
di don.. ta de la chance d'avoir un mari comme ca... o moin tu tennui po o quotidien:p

1:01 PM  

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