samedi, juillet 30, 2005

Un escalier sinon rien

Charlemagne et sa tendre compagne avaient décidé aujourd’hui de faire un gros pied de nez à la Première entreprise de France, voire plus mais ma politesse m’interdit d’en dire davantage. Donc, nous voilà partis, une fois les enfants laissés en pâture chez Papi et Mamie en direction du temple de la boiserie, de la cuisine et de la salle de bains, l’étrangement nommé Lapeyre.
Je me disais alors que munie d’un male de belle facture, je ne pouvais pas craindre de me faire recevoir comme souvent dans un magasin de bricolage et d’auto-construction par un bien macho « qu’est ce qu’elle veut la petite dame ? ». Vu que nous étions un couple, je me pensais bien à l’abri de pareil désagrément. La porte passée, le site grouillait de gens en tous genres, la vieille rombière qui faisait refaire sa salle de bains en « tout marbre », certainement pour lui rappeler les splendeurs passées de ses châteaux en Castille, le couple de retraités dont Monsieur se sentait redevenir jeune en expliquant à Madame médusée, comment il allait lui placer l’escalier de ses rêves.
Justement, nous aussi nous venions choisir un escalier, non pour le poser avec nos petites mains gracieuses, mais pour prouver au maçon qu’on pouvait trouver moins cher que son devis ne le laissait entendre. Comme à la boucherie, munie d’un ticket, j’attendais sagement sur une chaise pendant que Charlemagne arpentait les allées pour comparer, juger, jauger à l’aide de son mètre ruban.
Le Numéro 8 arriva et là, je n’en crus pas mes yeux, une jeune fille vint à notre rencontre : jeune, c’est pour dire qu’elle l’était assurément plus que moi. D’un coup d’oeil, l’affaire paraissait mal engagée. Et en plus, elle était jolie, il y a franchement des jours où la poisse vous tombe d’un coup d’un seul sur le coin de la tronche. L’entrée en matière fut lourde de conséquences pour mon ego.
De surcroît, pour ne rien arranger, sa petite taille impliquait que Charlemagne et moi-même avions une vue, disons très plongeante, sur son très plongeant décolleté. Là, de deux choses l’une soit on se dit que c’est fait exprès et on la regarde de travers, soit on se dit que c’est le hasard et on la regarde quand même de travers. Cependant, en femme civilisée, attendons de voir la suite, et surveillons le charlemagne de près, au cas où il préparerait en douce un coup de Trafalgar.
Nous venions donc acheter un escalier, deux modèles s’offraient à nous : un cher et un pas cher. Là, je me suis dit que pour bien préparer ses arrières, il faut abattre la bête dans l’œuf. Charlemagne commençant à faire des roucoulades à la chose qui nous servait de conseillère de vente (au nom prédestinée d’Emmanuelle, ça ne s’invente pas !!), je me suis dit qu’une petite humiliation pour démarrer les hostilités, le renverrait dans ses 22 et avec lui ses velléités d’Hidalgo du samedi. Donc, alors qu’il disait que la différence de prix entre les deux était somme toute modique, je ne pus m’empêcher de démontrer qui des deux portait la culotte et ce qui va avec c'est-à-dire la gestion du porte monnaie. Quand la donzelle qui sentait poindre la dissension et espérait voir le mari emportait le morceau osa un « alors, on prend lequel ? ». Toi, ma poule aucun des deux, vu d’aux dernières nouvelles, tu viens pas t’installer à la maison ! ». J’ai donc osé un très clair : « donc, nous prenons, mon mari et moi, le moins cher, n’est-ce pas CHERI ? ! » L’affaire était entendue. Et toc ! Je bombai au passage le torse manière d’asseoir ma position devenue dominante.
C’était sans compter avec la perfidie de la femme et la malignité de l’homme, à moins que ce ne soit le contraire. Toujours est-il que quand ils entrèrent dans des considérations de hauteur de chevêtres et de longueur de reculement, il va s’en dire que j’étais larguée. D’ailleurs Charlemagne en avait profité pour me pousser de devant le pupitre, il ne me restait plus que la place derrière l’écran d’ordinateur et franchement plus rien de ma modeste personne n’était visible. La garce avait gagné, le Charlemagne n’en finissait plus d’en faire des plats et des caisses. C’en était écoeurant de mièvrerie.
Mais en bonne mégère, j’eus ma vengeance une fois sur le parking en balançant un « tu es très doué dans le style marchand d’aspirateur». Et pif !

2 Comments:

Anonymous filomène said...

La prochaine fois que vous irez au Castoleroidubricolo, tu iras faire du plat au vendeur du rayon des salles de bain, pour acheter une baignoire à remous. La vengeance est un plat qui se mange froid!Et toc!

8:57 AM  
Anonymous Philippe Contal said...

Bonjour,

Félicitations pour votre blog ;-)

2:00 PM  

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