mercredi, août 10, 2005

Planquez-vous

Charlemagne a eu une idée. Faut dire que la journée d’hier a ressemblé à un énorme ratage, dont je peux, sans fausse modestie, endosser toute la responsabilité. Enervée, certainement un des effets du vent d’autan, je me suis brusquement et sans coup de baguette magique, transformée en une énorme mégère. C'est-à-dire que sans bouquet de fleurs et autres concessions à la société marchande, Charlemagne n’avait que peu de chance de trouver grâce à mes yeux. Je l’ai donc renvoyé dans ses foyers à chaque proposition que le pauvre bougre tentait d’échafauder pour plaire à sa belle. Conclusion, j’ai fini à 22h, aigrie, culpabilisée et minable dans mon lit à renâcler sur ma journée de MERDE, pour dire les choses clairement. Bon, j’ai quelques circonstances atténuantes, quand on s’est vu jeune et dynamique voilà 8 ans et que l’on se voit vieillissante et courant dans tous les sens pour tenir une maison, éduquer des enfants dont une Bestiole qui prend copieusement sa mère pour une tarte et un Poulet qui l’appelle à son chevet environ 10 fois par nuit, il y a vraiment de quoi désespérer de la vie et de la nature humaine.
Mais bon, le 9 est passé et aujourd’hui, c’est le 10 (fête patronymique dont je parlais hier, mais là pas de risque d’avoir à refuser quoi que ce soit vu que c’est catho donc je suis à l’abri de toutes velléités florales ou joaillière).
Cependant, Charlemagne ne s’avouant jamais vaincu, revint à l’assaut de sa belle ce matin. Aimable et enjoué malgré la souffrance que l’on peut mesurer à l’ampleur de ses gonflements de pieds et corroborés par la compassion marquée par le médecin, il m’annonça que « pour compenser la mauvaise journée d’hier (oups), on pourrait organiser une fête avec nos amis ». Voilà, là, je commençais à me dire que ma santé mentale s’améliorait, que je me délestais peu à peu de mes contraintes, de mes emmerdements, le boulot, la saucisse suicidaire… et pif, voilà t-il pas qu’il me tombe sur le coin de la tête The Evènement à organiser. Dans un cas comme celui-là, je tente de jouer la montre en assénant une demande de recours temporel : on verra, je vais y réfléchir. Mais le type étant certainement le plus grand machiavel que la terre ait jamais porté, il profite du passage du Poisson rouge au grand nez et du Corbeau, pour leur annoncer l’imminence de la chose. Je suis prise au piège, c’est cuit, je suis, comme on dit en pareil cas, mise devant le fait accompli.
Donc rationalisons. Que faut-il faire ?
- Trouver la date, entre les vacances des parents, les nôtres, le voyage en Allemagne du Poisson rouge aux grands pieds, ça va être coton.
- Faire la liste des invités, le problème, évitez qu’elle ne fasse 1000 personnes, mais ne pas oublier quelqu’un au risque de s’en mordre les doigts. Regrettez déjà celui qui ne pourra pas être là pour cause de mauvaise Saint-Jean.
- Elaborer un menu qui permette à la cuisinière qui répond au doux nom de Clothilde de ne pas péter un plomb devant l’ampleur de la tache tout en mettant en valeur ses talents de cuisinière (oui, je me flatte mais désolé quand l’ego est à plat, rien de mieux que l’autocongratulation pour le faire remonter)
- Persuader Charlemagne que certes, le jazz est une bonne musique mais que pour plomber l’atmosphère, on n’a jamais trouvé mieux, hormis un Te Deum.
- Prendre deux kilos de Valium par jour, il faut bien cela pour venir à bout de l’événement.
Suite au prochain numéro
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2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Déclaration officielle du poisson rouge au grand nez : à fond derrière vous à 1000 % pour ce qui est de la musique, chère Clothilde ! Un petit coup de main ?

9:08 AM  
Anonymous filomène said...

Ouille ouille, mauvaise manoeuvre!Contre-attaque:A toi l'organisation, moi je regarde!J'accepte eventuellement de faire la cuisine (ou non) et c'est tout!
Peut-être que ca va marcher????????

1:38 PM  

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