lundi, novembre 28, 2005

Je méfie du Père Noël

Chaque année, c’est pareil, le 26 décembre, on se dit que l’année prochaine, ce sera mieux. On aura le temps de préparer tous les cadeaux, on aura mis un peu d’argent de côté pour faire chouette pour chacun et on aura pris le temps de décorer la maison, de faire un cadeau " made in home ", on aura tout fait comme il faut.
Mais voilà tous les ans, c’est pareil :

  • On court après le temps. Cette année, j’ai essayé de rationaliser en posant une semaine de congés avant le jour fatidique de sortie du vieux à barbe blanche. Je me dis que j’aurais peut-être le temps de mettre des guirlandes partout sans faire kitsch, de suivre les modèles de Marie-Claire idées pour faire un sapin beau comme un astre. Mais déjà, ça foire. Expliquez-moi comment avec deux enfants, on peut décemment poser des bougies sur toutes les marches de l’escalier pour faire joli. Dans le meilleur des cas, on a la commission de sécurité qui vous objecte à juste titre, la connerie de la chose, dans le pire des cas, il y aura bien un moutard pour se prendre les pieds dans les photophores.
  • On court après les idées. Purée, je ne me souviens plus ce qu’on avait dit pour le cadeau de machin. Tu l’as pas noté, si je l’ai marqué mais je me souviens plus où. Et voilà, encore une idée envolée. Remarquez bien : ce sont souvent les cadeaux les moins calculés qui plaisent le plus.
  • On nous farcit la tête avec des rêves alors qu’il vaut mieux être lucide dès le début. Je suis désolée, mais personne ne dit qu’à Noël, on peut aussi s’engueuler comme des chiffonniers avec son mec parce que l’on veut tellement bien faire qu’on en devient une mégère acariâtre et omnipotente (du latin : qui peut tout). On peut aussi être fatiguée et moche et n’avoir envie de rien et de personne. On peut aussi avoir un coup de blues puisque après Noël, il y a le lendemain de Noël où tout s’arrête, la féerie est passée. Et bien justement, moi j’aime les lendemains de fêtes, parce qu’au moins, c’est évident : on n’est pas obligé de faire semblant d’être heureux, d’être content, d’être enthousiaste… On peut enfin être ce que l’on est : soi-même.

4 Comments:

Blogger Francois et fier de l'Être said...

Ce qui rend heureux, c'est l'avant, la préparation et tout le toutime, l'anticipation. Le jour même, c'est les gosses. Après faut ranger.
Bises

1:42 PM  
Blogger Pascale said...

C'est si vrai ... Noël m'angoisse toujours avec tous ses préparatifs. A chaque fois il me tarde que ça passe, car il y a toujours quelque chose qui foire. J'ai l'impression de me forcer ce jour-là ...

7:23 PM  
Blogger damouredo said...

Bien vrai, mais c'est mal vu de dire qu'on n'aime pas Noël...j'ai toujours détesté cette période très spéciale. Vivement le 2 !

8:01 AM  
Anonymous Anonyme said...

Tu écris bien, tu racontes bien et tu décris parfaitement cette crispation stomacale qui m'étreint lorsque je lis les magazines de déco de Noël et que j'entends une copine dire "cette année, je change tout et je fais un Noël argent et bleu" ..... Que de pressions ... Là aussi il faut être performante, imaginative, organisée, accueillante, jolie mais cool et détendue ... Plus les années passent plus j'ai envie de zapper Noel ..... En tout cas, bravo pour ta belle plume, ton humour caustique et ta lucidité ravageuse.

8:09 PM  

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