mardi, avril 18, 2006

Montségur, me voilà !

Aujourd’hui, les enfants étant à l’école et Charlemagne et moi de repos, nous avons entrepris un pèlerinage en terres cathares. L’Ariège s’offrait à nous. J’avais dit dans un moment de grand égarement que finalement j'aimerais beaucoup gravir les pentes de Montségur.
Arrivés au pied de la forteresse, j’ai alors pris conscience de l’ambitieuse destinée qui s’offrait à moi. Quoi ? On ne peut pas aller plus haut en bagnole ? Et dire que je me mets au bio, parfois, je suis capable d’un grand écart qui en étonnerait plus d’un, sauf moi ! Bon, et bien, puisqu’on y est, on y va. Et pourquoi n’ai-je pas mieux déjeuner et pourquoi ai-je mis ce pull de laine sur mes épaules ? Pour en ch…., ma vieille. Et c’est rien de le dire. Si mon médecin ne m’avait pas affirmé voilà quelques mois, que j’avais un cœur de sportive, je pense que j’aurais jeté l’éponge. Comme me l'a judicieusement et perfidement fait remarqué Charlemagne, au pire de la montée, alors que j'allais renoncer "oui, mais de sportive à la retraite". C'était la touche encourageante qui me manquait. J’ai bien crû y laisser la peau, ça monte, c’est horrible. Charlemagne n’arrêtait pas de me seriner d’aller moins vite, que je ne connaissais rien à la technique des marches en montagne. Et il y est allé de sa rengaine sur la marche forcée alors que par erreur il s'était retrouvé dans les commandos paras. Depuis inutile de préciser que l'armée n'est pas ce qu'il aime le plus. Ben moi, là, j'aurais bien été incapable de lui raconter mes accouchements. Vous vous dites que je délire. Mais non, les femmes racontent leurs accouchements et les hommes, leur armée, ben oui, c'est logique, chacun sa guerre.
Bon, revenons à ses raisonnements à deux sous. Non seulement, je n’y connais rien en marche mais en plus l’entendre me faire la leçon, vraiment, je comprends mieux les cathares qui vivaient loin de la civilisation. Ouf, je suis arrivée là haut avec le cœur à environ 180 pulsations, doublée par 10 anglais. Donc, ridicule, pathétique, au bord de l’asphyxie. Oui, mais voilà, là, c’est une émotion toute autre qui m’accablait : le poids de l’histoire, l’impression de découvrir un monde. Franchement, on comprend combien ils pouvaient se sentir intouchables. C’est un voyage merveilleux.
La descente fut tout aussi catastrophique, je ne soufflais plus comme une oie grasse mais j’ai usé mes fonds de culotte sur tous les cailloux que compte ce sentier, je me suis humiliée pour une bonne dizaine d’années, et même, je n’allais tout de même pas finir ma vie sur le pog de Montségur.
Restaurant à Mirepoix, sous les arcades du XI ème siècle, il y a pire comme châtiment !
Et pour finir, visite du château de Lagarde. Autant Montségur alerte par l’émotion légendaire (200 cathares qui ont préféré se jeter dans un bûcher pour ne pas abjurer leur foi), autant ce château interpelle par sa magnificence passée. Merveilleux, et dire qu’en 1988, des pillards l’ont attaqué à la dynamite pour prendre les cheminées monumentales. Pour moi, les affaires se sont corsées quand Charlemagne a entrepris une conversation avec un gars qui le réhabilite. Ils sont partis de la période romaine, j’ai lâché prise sous Philippe le Bel, pour tirer Charlemagne par la manche au début de la période napoléonienne. J’ai carrément défailli quant le type a parlé de tente, de camping et de pique nique pour aider à le restaurer. Oui, je veux bien admirer le caractère spartiate du cathare, de là à adhérer, faut pas plaisanter avec mon confort !

Le pog de Montségur en Ariège
Le château de Lagarde qui a appartenu à la famille de Lévis qui a soutenu Simon de Monfort qui était le bras armé du roi de France dans sa reconquête du Sud de la France, entièrement conquis à l'hérésie cathare.





(pour le château de Lagarde, faites un tour sur leur site : www.chateau-lagarde.com)

7 Comments:

Anonymous Anonyme said...

oh comme je te comprends..... Monségur y a pas pire à monter....quoique les marches du Mont Saint Michel, jusqu'là Abbaye tout en haut.... c'est pas triste non plus...

5:24 PM  
Anonymous silo said...

pff rien qu'à te lire, je suis épuisée!

6:36 PM  
Anonymous bill said...

Bon, c'est pas demain que je vais proposer à Bernard d'y aller ... ou alors je l'attendrai bien sagement en bas avec un bouquin ou une broderie !

6:42 PM  
Blogger Telle said...

Et les marches de Fourvière à Lyon, tu devrais essayer (ma mère est arrivée violette en haut, on acru qu'elle allait mourir sous nos yeux !)

En tout cas, petit voyage bien agréable pour une fille de l'océan comme moi. Des montées, des vraies !

9:07 PM  
Anonymous Emma said...

Queribus, Querigut, Peyrepertuse, Puilaurens...ces châteaux-là aussi sont à faire, sans oublier le village de Cucugnan et son mini-ciné qui présente l'histoire du curé...presque tous les étés, on les visite. Les montées sont difficiles mais quelle récompense avec la vue que l'on a ensuite du haut des chateaux :-)

5:15 PM  
Anonymous manée said...

ah! ma cathare préférée ! je reconnais bien là ton opiniâtreté et ça le valait sûrement ; je ne connais de Montségur que l'histoire...(et le rêve que j'en ai fait, à six mille kilomètres de là , i had a dream)

12:10 AM  
Blogger Jacmetolosa said...

Adishatz, Montsegur n'a pas besoin d'accent, sauf pour bien noté que les français dominent le pays.... Jacme - daxologia occitanista : http://spaces.msn.com/jacmetolosa/

2:58 PM  

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