jeudi, mai 04, 2006

Mon non-avenir professionnel

Il faut bien que je me rende à l’évidence, ici, à la Firme, je n’ai strictement aucun avenir, à moins que l’idée de croupir dans un bureau, dirigée par une alcoolique, auprès d’un ambitieux, d’une saucisse flegmatique et d’un communiste décati soit susceptible de m’enthousiasmer. Donc, il faut rapidement que je trouve une solution. Des questions succèdent à des idées de reconversion, à 33 ans, il est encore temps :

  • l’enseignement. Cela m’a toujours plus ou moins trotté dans la tête, il faut dire que niveau famille, je suis carrément cernée. Mais à voir la tête de ma mère quand elle a pensé que je passais un concours de l’enseignement, je me dis que ce n’est pas forcément une bonne affaire. Elle s’imaginait déjà à la une des tabloïds : " interview exclusif de la mère de l’instit qui torturait les enfants ". Elle voyait en même temps le ministre lui demander de rendre ses palmes académiques pour avoir enfanter un monstre pareil. Et puis, franchement, pour l’instant, je n’ai pas la vocation, et sans vocation, ces métiers là, il vaut mieux éviter.
  • Rentière, pour cela il faudrait que je me mette à jouer au loto, je préfère tabler sur des options moins aléatoires
  • Je passe des concours pour changer d’administration. Au choix s’ouvrent à moi les carrières de commissaire (je ne suis pas rousse, je ne m’appelle pas Julie et j’ai horreur des armes à feu) et de magistrats. Mais faudrait bosser ma vieille.
  • Entrer dans le privé. D’abord, je suis persuadée qu’il y a la même concentration de nazes que dans le public, donc le changement de statuts n’est pas une fin en soi. Ensuite, pour y faire quoi ? C’est là que je prends conscience du vide sidéral de mon expérience. Je suis la pire espèce qui existe dans le monde du travail : une généraliste. Je touche à tout, je suis une GO, une gentille organisatrice maintenant on appelle cela une chargée de mission. Je peux mener à bien une mission, organiser des réunions, faire des notes de synthèse, éplucher un dossier, savoir le défendre, coordonner les autres. Mais je ne suis pas avocate, je ne suis pas chercheur, je ne suis pas ingénieur, je ne suis spécialiste de rien. Dire que je déprime est un doux euphémisme.
  • Je m’achète un magasin de fleurs ou une librairie. Oui, mais je n’ai pas de sous.

Donc, deux solutions, je me mets dans un coin, je pleure en attendant la retraite ou la mise en place de la dictature du prolétariat. Non, mais ce n’est pas mon genre non plus. Je me prends en main et j’envois des CV dans toutes les administrations de France et de Navarre avec un ego dans les chaussettes, franchement ce n’est pas gagné. Ca ressemble à un avenir bouché tout ça.

Clothilde, 33 ans, étudie toutes propositions.

20 Comments:

Anonymous Caroline said...

Je compatis, j'ai aussi envisagé la librairie mais je reste réaliste ...
Pourquoi ne pas transformer le (futur ?) gîte en Bed & Breakfast ?

12:25 PM  
Anonymous silo said...

je suis bien sûre qu'une fille pétillante et dynamique comme toi n'a pas les 2 pieds dans le même sabot et que tu vas trouver à rebondir! y a plus ka ;)

1:25 PM  
Anonymous nathalie bleu choc said...

m'inquiète pas pour toi, tu trouveras ce qui te convient, moi j'ai mis 10 ans (du privé caisse en supermarché au public EPCI) ça me va. je te souhaite de trouver vite et bien.

2:06 PM  
Anonymous Anonyme said...

je vis la même chose que toi en ce moment. J'ai commencé un bilan de compétence avec une vrai pro. Je n'ai eu que 2 rendez-vous pour le moment et j'en attendant beaucoup. mais déjà je me sens mieux et j'ai le sentiment d'aller quelque part même si je ne sias pas encore où.

Pourquoi un petit bilan avec un organisme qui te convient ?

2:50 PM  
Anonymous anne said...

J'ai changé de métier (radicalement) il y a 4 ans et j'en suis heureuse : de directeur juridique à prof d'encadrement, il y a une vie de différence !
J'ai commencé l'encadrement il y a 8 ans. Il y a 5 ans quand les copines me conseillaient d'en faire mon métier, je ricanais.
Et puis tout s'est enchaîné très vite, tout seul ou presque ...
Quand ça doit le faire, ça le fait.
Cherche donc ce qu'il te plairait de faire, vraiment. Ensuite, ça ira tout seul (ou presque) :o)

3:35 PM  
Anonymous Anonyme said...

je vote comme Caroline, pourquoi pas chambre d'hote et table d'hote.... avec stage d'initiation à toutes sortes de bidouillage, les échanges avec les hotes sont souvent très conviviales, tu ne reçois que lorsque tu en a envie, tu n'as pas de firme avec des poseurs professionnels de peaux de bananes mais évidement tu n'as pas la sécurité de l'emploi comme dans l'administration...

4:38 PM  
Anonymous Anne-Cé said...

et pourquoi pas dans le privé ?
des chargés de missions dans des associations j'en connais bien quelques uns... voire même très très bien !
et ils ne sont pas malheureux.
bon, c'est vrai que question sécurité d'emploi et salaire c'est pas forcément le top. mais quand le travail est intéressant et l'ambiance de travail excellente après tout...

5:14 PM  
Anonymous Felixia said...

Je penche aussi pour le bilan de competence ... avant de claquer la porte ca peut aider à savoir ce qu'il y a derrière ...

Courage.

Féfé, ex-producticienne, ex doc controller desormais brodeuse à 100%

7:52 PM  
Blogger Telle said...

Eh bien eh bien, le moral n'est pas printanier, à ce que je lis.

Si tu dis que tu es polyvalente, spécialiste de rien et de tout, pourquoi ne pas chercher des missions dans les secteurs qui te passionnent ? Oui, il faudrait peut-être quitter le public mais c'est parfois valable.

8:08 PM  
Anonymous ktl said...

moi, c'est l'inverse, je suis libraire et je voudrais un boulot de fonctionnaire. on échange ? c'est quand même tzerrible de voulaoir changer de métier mais ne pas savoir quoi faire. je suis dans la même (sale) passe que toi. je compatis.

8:16 PM  
Blogger Loli lola said...

Moi je franchis le cap dans 4 petits mois. Pour l'instant, nous sommes tous els 2, mon mari et moi, dans le privé, depuis la fin de nos études. Mais on va devenir artisan-commerçant : on rachète une librairie. Mon mari est libraire, moi, je suis documentaliste. Mais on se lance quand même... Le principal, c'est d'aller là où tes passions te mènent.
Bon courage à toi.

Loli lola

6:24 AM  
Anonymous Lola-M said...

Et le congé formation, à la suite d'un bilan de compétences, peut-être, tu y as pensé ? Je ne sais pas comment ça fonctionne dans le secteur public, mais doit y avoir des trucs pévus ? Je suis passée par là il y a 10 ans (Fongecif) et j'ai enchaîné avec un congé sabbatique de 11 mois. Bon, au final, j'ai pas fait ce que je pensais faire, mais après, c'était une question de choix et de priorités. Et, si tu retournes d'où tu viens, tu sais au moins pourquoi et tu as beaucoup appris entretemps. Les chambres d'hôtes, tout ça, c'est très joli, mais c'est beaucoup beaucoup de boulot, pas tant que ça de liberté, des moyens financiers au départ et ça commence peut-être à se boucher un peu, vu tous ceux qui croient que c'est la vie de rêve ? Prends le temps de la réflexion, parles-en autour de toi, entoure-toi d'un minimum de garanties (surtout en venant du secteur public !) et ne déprime pas. Je te lis souvent (même si je commente pas) t'as de quoi rebondir, sûr de sûr !

8:14 AM  
Anonymous Lola-M said...

Et je précise, il y a 10 ans... j'avais ton âge ! :-)

8:17 AM  
Anonymous Isma said...

oh punaise j'ai l'impression de me lire....
dur dur de se retrouver dans ces postes où on a l'impression de savoir faire à la fois tout et rien...
mo aussi, suis une chargéedemission....
perso, je crois que je vais essayer de profiter du fait que mon chéri va^devoir partir à l'étranger pour el boulot, pour le suivre et faire une formation d'enseignant du français langue étrangère... cela ne me dit quand meme pas ce que je ferai en rentrant en France, mais c'est une autre histoire...
je compatis en tous cas à ta détresse ;-) je sais ce que c'est, c'ets très déstabilisant d'avoir cette sensation de vide professionnel... parfois, j'ai le moral carrément dans les chaussettes et puis... ça passe...

8:20 AM  
Anonymous le chat qui coud said...

ah tiens, on dirait moi.... c'est comique! 33 ans aussi et le même constat professionnel....
Moi je rêve d'ouvrir une boutique.... mais j'ai pas les sous non plus!
Je compatis!!!

2:06 PM  
Anonymous Chouchenn said...

apres 10 ans de librairie et 4 ans dans la fonction publique (mediatheque) et bien le bilan est mitige. je me suis eclatee en librairie mais les horaires fixes jusqu'au samedi soir inclus je n'en pouvais plus.... vous ne pourriez pas entrer dans une communaute de communes ou au conseil general. faire le meme travail ailleurs pas tres loin de chez vous. changer de service, aller au service com, ou au service culturel de votre ville. toulouse est une grande ville, il doit y avoir bcp de possibilites.

12:33 PM  
Anonymous Anonyme said...

Ici une bac + 4 en communication, autant dire le truc qui sert à rien. Après plusieurs années par-ci par-là, plutôt bien payées dans le secteur adéquat, le vide... plus rien pour moi, à mon âge (35 ans), trop vieille, pas assez diplomée ou trop pour le reste.
Alors il faut changer. Pour quoi faire ? Moi aussi la broderie ça me passionne mais hors de question d'en faire mon métier. Je veux d'un côté "un métier" et de l'autre "ma passion". En aucun cas je ne veux concilier les deux. Trop risqué si ça ne marche pas.
Alors le bilan de compétence et tout ça (un bien grand mot pour pas grand chose, et souvent chez certains pour rien du tout, il faut le dire), un stage dans une entreprise qui voulait bien de moi. Et un métier que je découvre et qui me plait. De plus en plus. Alors je signe. Va pour une formation, un CAP. C'est la famille qui fait la gueule : la dégringolade au niveau du statut. "Oui mais au moins tu auras un CAP mais tu ne seras pas comme "eux" (qui ça eux ? les ouvriers ???), toi tu as des diplomes supérieurs". Pathétique...
Bref, après la publicité, me voilà presque patissière. Je passe mon examen dans un mois. La trouille au ventre ;-)
C'était juste pour raconter... ;-)

Aline

8:13 PM  
Anonymous tempete said...

Je croyais moi aussi que le gite allait se transformer en B&B royal sous peu. Avec ton talent et tes passions, dans la belle region de Petaouchnoc, il y a un vrai filon a explorer et pour eviter saussices et autres alcooliques, tien de tel qu'etre son propre patron. C'est aleatoire certes, mais m'etre lancee il y a quelques mois, je n'ai rien a y regretter.
Bonne chance pour cette quete (le bilan de competances dans ces periodes de crise me parait aussi etre une excellente idee).

7:05 AM  
Anonymous Anonyme said...

Même situation, même administration et même constat: après trois mois à sonder le privé en vue d'une éventuelle reconversion, il ressort que je suis une généraliste-qui-fait-tout-mais-ça-vaut-rien.
Solution adoptée: recherche d'un détachement dans une autre administration pour changer d'horizon (pas évident de trouver un poste) et bilan de comptétence (moultement recommandé).
La suite dépendra bien sûr du résultat du bilan.

3:59 PM  
Anonymous alalueurd1photophore said...

postule dans une bibliothèque en secteur jeunesse...

11:00 AM  

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