vendredi, juin 16, 2006

Vous aviez raison !

Pénarde à la maison, en train de tailler ma blouse, je me connecte on the net, et le voyant de MSN se met à clignoter. C’est un appel du jeune homme qui m’a rencardé sur le concours. J’ouvre la fenêtre et lit un peu incrédule : « ce serait gentil de me répondre après l’aide que je t’ai apportée ». Voilà les choses, jeune homme, fort mal engagées, je ne suis pas ton chien qui réponds quand tu siffles. Tout ça parce que la dernière fois qu’il a fait un appel du pied, j’étais occupée entre le repas et les devoirs de la Bestiole et que donc, j’avais autre chose à faire que de lui répondre. Ne voulant pas provoquer une guerre intestine, je rétorque promptement « je ne te réponds pas parce que je le dois mais parce que j’en ai envie ». Il s’est senti merdeux sur le coup et s’est donc excusé, non mais !
J’ai alors su le fin mot de cette apostrophe au demeurant peu urbaine, il partait en vacances pour 15 jours et pensait que j’avais déjà subi les foudres du concours. Loupé, mon gars, je suis comme toi, en attente. Là, où je suis forcée de vous donner raison à tous et toutes, c’est que le type a bien engagé à mon encontre, une campagne de démoralisation. Je cite en vrac ses assertions : « j'ai vu les résultats des deux autres concours (externe et 3ème voie) ils ont été massacrants, je crains donc le, en gros ils disent, vous êtes nuls sauf exceptions ».
En ayant un peu assez de ce défaitisme pour le moins suspect, je lui faisais remarquer que peut-être il y avait des raison à leur attitude massacrante et que de toute manière, je ne me mettais pas la pression (sic) ayant déjà le contentement d’être à l’oral. Et là, il a sorti l’artillerie lourde façon panzer division : « possible, mais déjà à l’écrit, la barre doit être basse (parle pour toi), pour l’admission ils vont relever le niveau ».
De deux choses l’une soit je me couche et je pleure soit je me drape dans ma suffisance et je lui rétorque « ben perso, je ne me mets pas du tout la pression, on verra. Je me prépare mais j'ai d'autres sources de satisfaction et donc je ne joue ni ma vie ni ma carrière sur ce concours. Et j'en profiterais pour faire un tour à Paris !!! ». Ben il ne s’en est pas remis, après quelques commentaires sans intérêt sur le temps qu’il fait, il a eu d’un coup une valise à aller faire d’urgence et quelque chose me dit, que je ne suis pas prête de réentendre parler de lui !

14 Comments:

Anonymous nathalie bleu choc said...

tu lui as cloué son bec, t'as bien fait !

12:09 PM  
Anonymous anne said...

C'est bien que tu en reparles de ce gars là car je l'avais toujours en tête. Et je voulais te proposer d'échanger plutôt avec un qui a réussi le concours plutôt qu'avec lui qui l'a raté. C'est certain qu'après son échec, il ne va pas te dire "c'est super facile mais j'ai échoué car je suis un gros nul".
En tout cas, à te lire, c'est sûr, c'est un gros nul !

12:15 PM  
Anonymous opio said...

bon débarras ! les punaises qui se débarrassent de leurs angoisses sur les autres, non merci...

1:03 PM  
Blogger Telle said...

Il y a quelques années déjà (haussement de sourcils nostalgique), j'avais des conversations en cours (pas bien ça) avec un autre candidat qui avait déjà passé le CAPES 5 fois. Il bégayait comme ce n'est pas permis, et plus il était ému, plus il bégayait. Comme il était légèrement amoureux de moi, je vous laisse imaginer la difficulté des conversations, j'essayais de l'aider à finir ses phrases et j'avais un peu de peine pour lui. J'imagine que ça l'avait énormément pénalisé aux oraux et je suppose qu'il aurait mieux fait de s'orienter ailleurs car un prof qui bégaie comme ça risque de souffrir.

Un jour où nous évoquions mon admissibilité à l'Agreg, il m'a assuré que ça ne l'intéressait pas parce qu'il fallait alors prendre un hôtel à Paris et que ça coûtait cher (NB : les oraux du CAPES aussi ont lieu à Paris). J'étais complètement soufflée ! On peut aller très loin dans la mauvaise foi à l'égard des autres candidats, et tu l'as éprouvé toi aussi Clothilde !

ps / Tu bombardes aujourd'hui, pour notre plus grand plaisir !

Bises

1:24 PM  
Blogger La Grenouille said...

mais c'est que t'es en forme toi aujourd'hui !! Self esteem quand tu nous tiens ....

2:12 PM  
Anonymous Caroline said...

te laisse pas avoir. Dans mon entourage professionnel ceux qui préparent le PENA essaient toujours de décourager les autres et se tirent fréquement dans les pattes. Il n'y a aucune solidarité lors des prépa mais ne te laisse surtout pas décourager par tout ça !

4:16 PM  
Blogger Pascale said...

t'as raison de montrer les dents, non mais ! Pas question de se laisser décourager !

4:32 PM  
Anonymous Mathilde said...

Il y a longtemp que je te lis et ce soir, je me lâche "Clothilde,je t'adore. Tous les jours j'attends avec impatience tes commentaires qui me font tantôt rire, tantôt sourire, tantôt j'apprécie, tantôt je reste septique. Ce n'est pas grave de toute façon tu me fais du bien, te lire me sort de mon quotidien, course, école, repas, ménage,boulot, etc........ Je ne t'écrirai pas des trucs méga pensés (tu le fais très bien, alors pourquoi vouloir prendre ta place) mais je continuerai à te lire avec la même passion.
Bonne continuation et merci encore

5:41 PM  
Blogger Loli lola said...

Te voilà débarasser de cet encombrant surpoid dévalorisant !
Je suis bien contente pour toi !

Loli lola

10:54 AM  
Anonymous Clara said...

chère clothilde,
je te lis depuis quelques temps et j'apprécie ton style comme tes sujets. malheureusement je ne suis pas au jury ;-)))
juste un petit mot de quelqu'un qui a raté l'ENS deux fois et réussi l'agreg au bout de 2 ans(donc catégorie "grosse nulle" ;) ) ; les rapports des jurys étaient à une époque ma lecture de chevet. Dire qu'il fallait les ACHETER chez Gibert pour ensuite se faire insulter toute la soirée en lisant invariablement, quel que soit le sujet : "le sujet proposé cette année ne présentait aucune difficulté. A notre grande surprise cependant, peu de candidats ont su le traiter" et pouf ça partait pour deux pages épouvantées sur le niveau des gens qui avaient osé se présenter au concours.
(lors de ma 2e agreg, 1/4 du jury étant composé des profs de ma fac (qui a dit que les provinciaux étaient aussi égaux que les parisiens au concours?), j'ai pu vérifier l'adage "faites ce que je dis, pas ce que je fais" car la qualité et la rigueur exigées des candidats n'étaient pas toujours le fort de ceux qui étaient supposés leur avoir fait cours toute l'année - quand ils n'avaient pas d'occupations plus urgentes -)
malheureusement ce sont eux qui nous notent, il faut faire avec...
bref, comme te le suggère qq'un d'autre, la fréquentation des candidats malheureux de l'an dernier n'est pas saine du tout... une fois qu'on a réussi, on a davantage tendance à dire que ça n'était pas si compliqué que ça (seulement ces gens là sont plus difficiles à trouver, une fois passés de l'autre côté).
le truc que j'ai compris au bout de toutes ces années de préparations diverses, c'est qu'il faut servir au jury ce qu'il attend (être sincère ne mène à rien) et donc ta mission consiste à trouver ce qu'ils veulent entendre.
D'où l'utilité (la seule) de lire les rapports où on s'en prend plein la tronche, par exemple.
Ma théorie c'est que ceux qui réussissent ne sont pas plus intelligents que les autres, mais qu'ils ont compris ce que voulait entendre le jury et qu'ils ont réussi à le servir. Et pour ça il faut aussi pas mal de bol, je te souhaite (sincèrement cette fois) bonne chance !!

Clara française de Bruxelles

10:38 AM  
Anonymous Aline said...

Clara, ce que tu dis est très interessant mais personnellement m'effaye beaucoup : "être sincère ne mène à rien..." et "'il faut servir au jury ce qu'il attend"...
Je ne critique absolument pas ton intervention, hein, pas de malentendu. Je suis juste tout simplement en train de me dire que, même avec les années et l'assagissement soi disant afférent, je ne pense pas être capable de dire qqch que je ne pense pas. Ou alors sous la torture.
Bravo en tout cas à ceux qui réussissent... chapeau ! (et c'est dit sans ironie aucune).
Ben Clotilde, tu vois ce qu'il te reste à faire...

1:11 PM  
Blogger Clothilde said...

Justement, cet échange m'intersse car lorque j'ai eu le jeune homme en quetsion pour l apremiere fois sur MSN, il m'a demandé ce que je pensais ds énarques, j'ai répondu sincèrement que j'en pensais du bien. Au bout de mon argumentaire, il m'a rétorqué "etr maintenant , honetement qu'en penses tu ? ". Ca m'a laissé pantoise, je venais de dire ce que je pensais et non ce que je pensais devoir dire pour plaire. Peut être et certainement que Clara a raison mais je reste déterminer à dire ce que je pense et non ce que l'on attend de moi. Ce n'est pas de la naiveté de ma part c'est plutot 1) la volonté de pouvoir me regarder dans une galce si je réussis 2) l'espoir qu'une pensee inconoclaste peut encoure séduire dans une société stéréoptypée. Et comme je dis souvent Inch allah !Merci à vous pour cet échange

1:52 PM  
Anonymous Clara said...

aline, j'ai pu le faire à 25 ans, dix ans plus tard je crois justement que je n'y arriverais plus. je suis moins formatée maintenant qu'à l'époque ;-)) (ou alors je "pense" aujourd'hui, contrairement à l'époque ?)
peut etre d'ailleurs que le monde a changé depuis (pas ma sous-bulle universitaire ça je le sais mais ailleurs ??)
clothilde, je m'aperçois que j'ai parlé uniquement de ce que je connaissais (domaine hyperspécialisé où on est testé sur des connaissances livresques presque uniquement) et que ce n'est peut etre pas à généraliser.
ça me plairait moi aussi de savoir qu'une pensée iconoclaste peut séduire le jury de l'ENA (vu l'objectif final de cette école). je viendrai aux nouvelles ;-))
Clara

10:49 AM  
Anonymous Sophie de Paris said...

Clothilde,
Je viens de découvrir ce blog, que toutes mes copines scrapbookeuses ont mis en lien sur leur blog... parce que l'autre soir, je leur racontais mon expérience terrible de l'oral du PENA... et l'une m'a dit "mais c'est le truc que passe Clothilde, de Clothilde et Charlemagne, tu connais ???". Bah non, je ne connaissais pas. Si j'arrive ici, c'est donc la faute à la scrap connection !
Je me suis bien amusée en lisant tes derniers messages. Je fus mouette un jour (la picole en moins), et j'ai eu des tas de saucisses à occuper !!! Euh d'ailleurs, je crois bien en avoir encore une qui traîne, là...
Bon courage pour le PENA. Normalement, ils sont 12, dans le jury. Enfin, de mon temps (1995), c'était ça. 4 énarques, 4 représentants de la société civile, et les 4 derniers, je ne sais plus. Le président était un conseiler d'Etat, comme il se doit. Mais je n'ai pas le souvenir d'une volonté de planter à tous prix le candidat. Remarque, j'y ai très bien réussi toute seule, c'est peut être pour cela qu'ils ne se sont pas trop acharnés ! Et le public... bah, à part un jeune homme qui a voulu venir m'écouter (???? y en a qui n'ont que ça à f.. ???), il n'y avait personne d'autre.
Bonne chance, ton joli style et ta drôlerie méritent d'être récompensés ! Et vive les loisirs créatifs dans les Ministères et les Préfectures !
Sophie (17 ans à Bercy, et 3 copines scrapbookeuses avec elle au minsitère des Finances !)

1:15 PM  

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