vendredi, août 25, 2006

Clothilde perdue dans le sable

Je pense que dans la vie, il faut savoir ne pas faire. En effet, je me dis en rentrant de trois jours de vacances en Espagne, que peut-être je n’aurais pas dû partir parce que vraiment je n’y étais pas préparée. Le bilan est effectivement non pas catastrophique mais tout simplement honteux pour qui se veut une femme de bonne compagnie, théoriquement organisée, en pleine possession de ses moyens.
Je résume donc, au rayon des demi conneries : perte définitivement à moins que je ne la retrouve à Noël de la carte permettant d’ouvrir la porte de la chambre de l’hôtel. Heureusement il en restait une seconde, que la Bestiole s’asseyant pour contempler 2000 ans de ruines grecques et romaines à Empuriés a fait explosé sous les assauts de son pli de cuisses. Je demeure persuadée que cet hôtel n’aura pas forcément envie de nous revoir l’année prochaine. Dire que j’ai honte est un très léger euphémisme. Cependant, cela peut paraître à la vue du reste que anecdotes sans importance.
Et pour cause. (Par contre, le premier qui raconte ce qui suit à ma mère passera sous les fourches caudines mises en place par mes soins. Je tiens au minimum d’intégrité morale qu’il me reste, et à un tant soit peu d’honneur !)
Donc, cela commence simplement mardi matin par deux distributeurs de billets en panne en France. Comme on est dans l'euphorie du départ, on se dit que l'on prendra l'argent in situ. Arrivée à destination, le père monte à la chambre avec les enfants pour la sieste et je cherche un cyber café pour faire coucou à mon blog. Je mets alors deux euros dans la machine, que sont-ce deux euros à notre époque et prends deux cafés, manière de me remettre de mon voyage. Puis vient le temps d'acheter les pelles et le seau pour les enfants, il devient alors urgent de retirer de l'argent. Premier distributeur, un message d'erreur. Evidement, on se dit que décidément les distributeurs ne sont pas nos amis aujourd’hui. Mais alors pourquoi le type devant moi est reparti les poches pleines ? Mystère. Au second distributeur, il n’est plus question de s’interroger, la conclusion s’impose d’elle-même, il y a manifestement un vrai souci. Me reste alors en poche 2 euros et je suis suivie de près par Charlemagne qui a compris avant moi et deux oisillons qui attendent leur pitance pour aller s’ébrouer sur la plage. Un bref passage au cyber café pour une consultation du compte et se rendre compte que l’on a oublié de faire le fameux virement pour créditer ce psfgsgs de compte visa, évidemment le seul en notre possession ! A ce moment-là, on se dit que vraiment on est dans une merde noire. Il me reste moins de deux euros. Certes, le virement est fait mais il va falloir expliquer sans qu’ils aient besoin de 10 ans de psychanalyse pour s’en remettre à deux enfants que « Papa et Maman n’ont pas de sous ». Je dois dire que j’ai vécu là, d’un coup un grand moment de solitude, vraie !
Le lendemain matin, le distributeur faisait toujours son têtu à refuser de nous livrer de la monnaie. Je me décide donc à appeler ma chère banque postale. D’abord, expliquer à la dame, de se manier de me parler parce que j’ai un mini forfait et que si elle continue à me mettre en attente, c’est au poste qu’il faudra venir me chercher ou à l’hôpital psychiatrique. La bouche en cœur, elle m’annonce que mon virement sera débité de mon compte épargne mercredi soir et créditer sur mon compte visa vendredi matin et qu’entre temps, nada, tu te démerdes en Espagne avec deux euros, enfin, même plus. Au fait, toi, la dame de la banque postale quand j’aurais deux minutes à perdre, je te demanderais ce qu’il fait mon fric entre mercredi soir et vendredi matin… des petits mais pas pour moi, je suppose. Deuxième mauvaise nouvelle, personne n’ayant la procuration sur le compte, je ne peux appeler personne à l’aide pour faire un renflouement illico. Je suis donc globalement dans la nasse et c’est rien que ma faute, ma très grande faute. A partir, de là, je dois dire que les dernières forces m’ont abandonné, les oisillons réclamant toujours des seaux et des pelles et moi, ne pouvant toujours rien donner. Vous imaginez l’horreur ! Charlemagne a pris les choses en main, à charger tout le monde dans la voiture, nous a téléporté à 50 Km de là, c'est-à-dire en France, et nous avons retiré de l’argent avec la carte non visa. Et moi, j’ai lentement glissé dans une stupeur honteuse, me disant que vraiment, je ne suis plus ce que j’ai été.
Le plus terrible fut hier soir, sur le paséo, des messieurs vendaient des super sacs (certes des imitations de vrais qui vous jetteraient en prison pour la vie entière) mais quand même, ils étaient à tomber. Et que j’ai tout regardé sans pouvoir rien acheté car 1) nous avions dépensé tout l’argent retiré en France 2) nous n’avions toujours pas de carte visa. Franchement, si vous cherchiez un moyen de faire des économies, je vous en ai trouvé un de super facile !

9 Comments:

Anonymous Felixia said...

J'ai quité la Banque Postale (alors pas encore Banque Postale) après
1 : que la dame au téléphone m'ait expliqué tranquillement un peu avant Noël (genre en plein rush de cadeaux) qu'il était normal que mon chèque mette 15 jours à être crédité sur mon compte (quand on est déjà payé le 10 du mois (gros défaut de l'interim)ca commence à faire tres tard)
2 : que le mois précédent, parce que le 10 tombait un samedi et que la Poste etant ce qu'elle est je n'avais eu mon chèque que le 15 (sans compter le temps qu'il mettra pour arriver au centre bancaire) et que cette même dame m'avait dit que ce n'était pas son probleme et que je n'avais qu'à me débrouiller autrement (prendre ma voiture et vous approter le chèque moi même ? et faire aussi l'enregistrement à votre place pt ê ?))
Cette succession d'évènements dans ce genre n'était pas la première. Sauf que c'était toujours de ma faute quoiqu'il arrive. Donc ce jour-là j'ai adios la poste, et aujourd'hui avec un chèque chez moi le samedi, mon compte est credité le mardi ...

4:01 PM  
Anonymous Anne-Cé said...

je l'avoue, je n'ai pu m'empêcher de rire...

5:21 PM  
Anonymous Aline said...

Ohhhhh lala, quelle galère !!!
C'est vrai que, pour dépanner dans l'urgence, la Poste est archi nulle pour ça. Heureusement que vous n'étiez pas loin de la frontière !
Enfin, tu m'as quand même bien fait rire...
Bon pour le sac, c'est peut-être pas plus mal parce que te retrouver avec une amende des douanes en prime, ça aurait été l'apothéose...

8:32 PM  
Anonymous Anonyme said...

travaillant dans la même entreprise que mon mari, le virement de nos salaires partent le même jour de notre entreprise (un établissement public), curieusement le mien arrive toujours un jour plus tôt sur mon compte (le crédit agricole pyrénées-gascogne) et donc celui de mon mari un jour plus tard et c'est : La banque postale centre de Lyon ! (l'entreprise est en Touraine et les virements doivent partir de Paris)
lorsque je fais un virement interne (par internet) d'un compte du crédit agricole sur un autre toujours du crédit agricole, c'est pris en compte dans la seconde, quand je fais la même manoeuvre de la banque postale à la banque postale il faut toujours compter au moins 24 heures. Cherchez l'erreur. Comme vous (ou toi) que fait donc pendant ces heures-là notre argent ?
Sorti de ces considérations purement matérielles qui énervent et en l'occurence peuvent gâcher des vacances, merci pour ce blog. Je me régale, c'est comme un éditorial. Je suis toujours un peu déçue quand il n'y a rien de nouveau et je remercie France-Inter qui par l'intermédiaire d'une certaine "Céline" m'a fait vous (te) rencontrer.
Et Bonne continuation de vacances

Teresa

8:20 AM  
Blogger Clothilde said...

Chère Thérésa,
Vous aiguisez ma curiosité. Je ne suis pas au courant de ce billet sur France Inter. Puis je en savoir davantage ? Merci d'avance. Et je vous promets plus d'assiduité dans mes posts, mais je trouve vos compliemnts très trèès gentils. Merci. Clothilde

11:07 AM  
Blogger Loli lola said...

Waah ! La vache... Alors ça c'est terrible !
Je te comprends lorsque tu parles de grand moment de solitude...
Comme quoi, il faut toujours 2 comptes bancaires crédités quand on part en vacances... Moi aussi j'ai eu des sueurs froides à Madère (pas moyen de rentrer en France !), lorsqu'on s'est aperçu que tous les virements n'avaient pas été effectués par la banque... mais comme on restait 15 jours, on pariait sur un renflouement sur la 2ème semaine, et c'est ce qui s'est produit.


Loli-lola

11:09 AM  
Anonymous Anonyme said...

Et retirer de l'argent AVANT de partir , ça peut se faire!!!! pour une future énarque , c'est pas fort!!!! j'ai quand meme bien ri!!!

12:50 PM  
Anonymous Anonyme said...

bonjour clothilde,
France-Inter, c'est une vieille histoire : relisez-vous (ou relis-toi, c'est compliqué entre le tutoiement et le vouvoiement) le 6 février dernier, j'ai lu le blog de Céline et me suis promenée sur ses liens et "carrément" arrêtée sur le vôtre (le tien), j'ai lu les archives (savoureuses chacune dans leur genre) dont celles concernant le vote sur la constitution européenne, vieille histoire maintenant, qui m'a fait chaud au coeur, je me suis sentie comprise et depuis je suis accro.
je n'ai pas laissé de commentaires jusqu'à présent, ce n'est pas trop mon "truc", mais je sais que je continuerai à lire assidument ce blog surtout dans les mois qui viennent.


(PS:je suis beaucoup moins assidue sur l'ensemble des autres blogs, donc merci à France Inter et à cette Céline qui avait mis ce blog en lien)
teresa

5:25 PM  
Anonymous Aline said...

Ah tiens !
C'est vrai que ça fait peu de temps que je lis ton blog, mais je suis curieuse de savoir quelle était ta position sur ce fameux référendum... m'en vais farfouiller dans tes archives ; tu permets ??? ;-)

8:42 PM  

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